Symptômes moteurs

Bradykinésie et maladie de Parkinson : comprendre la lenteur des mouvements.

La bradykinésie est l’un des principaux symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Elle peut rendre les mouvements plus lents, plus petits ou plus difficiles à initier.

Mais pourquoi apparaît-elle ? Et surtout : quel rôle peuvent jouer l’activité physique et la kinésithérapie ?

Illustration Park&Move accompagnant le sujet de la bradykinésie dans la maladie de Parkinson.

01Comprendre

Qu’est-ce que la bradykinésie ?

La bradykinésie désigne une réduction de la vitesse et de l’amplitude des mouvements. Les critères diagnostiques internationaux y associent une caractéristique supplémentaire : lorsqu’un mouvement est répété, il tend à devenir progressivement plus petit ou plus lent.

Le terme recouvre en réalité plusieurs réalités que la recherche distingue : la lenteur d’exécution, la réduction de l’amplitude, et la difficulté à initier un mouvement. Elles peuvent coexister chez une même personne sans évoluer au même rythme.

C’est un symptôme central dans le diagnostic. Les critères internationaux considèrent qu’il doit être présent, accompagné d’au moins un tremblement de repos ou d’une rigidité, pour qu’un syndrome parkinsonien puisse être retenu. Le diagnostic relève toujours d’un médecin.

Elle est aussi souvent imprévisible : un geste peut se faire aisément à un moment de la journée et devenir difficile peu après. Ce n’est ni de la mauvaise volonté, ni un manque d’effort.

Ce n’est ni une faiblesse musculaire, ni de la fatigue, ni un manque de volonté. Une personne peut avoir une force musculaire conservée et voir malgré tout ses gestes devenir plus lents ou plus petits : ce qui est en cause, c’est la façon dont le mouvement est préparé et exécuté, pas le muscle lui-même.

La bradykinésie ne doit pas non plus être confondue avec d’autres symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Le freezing, cette sensation de pieds collés au sol, et les troubles de l’équilibre sont des phénomènes distincts. Ils peuvent coexister avec la bradykinésie chez une même personne, mais ce ne sont pas des synonymes, et ils ne se travaillent pas de la même manière.

02Reconnaître

La bradykinésie, ce n’est pas seulement marcher plus lentement.

Elle peut toucher des gestes très différents, y compris ceux qu’on réalise habituellement sans y penser. Vous vous reconnaissez peut-être dans certaines de ces situations.

  • MarcherLa marche peut devenir plus lente, avec des pas plus courts et une diminution de certains mouvements automatiques comme le ballant des bras.
  • Gestes automatiquesCertains mouvements réalisés habituellement sans y penser peuvent diminuer, comme le ballant des bras ou le clignement des yeux.
  • VisageLes expressions du visage peuvent devenir moins amples : on parle notamment d’hypomimie.
  • MainsLes gestes fins peuvent demander davantage de temps, et perdre en amplitude lorsqu’ils sont répétés.
  • ÉcritureL’écriture peut progressivement devenir plus petite : c’est la micrographie.
  • QuotidienBoutonner une chemise, lacer ses chaussures ou utiliser des couverts peuvent demander davantage de temps et d’effort.

Ces manifestations ne sont pas toutes présentes chez toutes les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, et leur intensité varie d’une personne à l’autre comme au cours d’une même journée. Elles peuvent aussi toucher un seul côté du corps, ou l’un plus que l’autre.

03Voir

À quoi peut ressembler la bradykinésie au quotidien ?

La bradykinésie peut se manifester différemment d’une personne à l’autre. Cet exemple permet d’observer concrètement certaines modifications du mouvement qui peuvent être retrouvées dans la maladie de Parkinson.

Cette vidéo illustre les manifestations observées chez une personne. La bradykinésie peut se présenter différemment d’une personne atteinte de Parkinson à une autre.
Ce que montre la vidéo

La séquence est filmée dans une salle de rééducation, face à de grandes baies vitrées. Une personne marche le long d’un tapis noir, entre deux barres parallèles sur lesquelles elle peut prendre appui.

Une bande adhésive verte et un module en mousse bleu sont posés au sol le long du parcours. La caméra accompagne le déplacement, de côté, à hauteur de hanche : le visage de la personne n’apparaît pas.

La séquence dure treize secondes et ne comporte aucune parole.

Ce que j’observe sur cette séquence. Avec mon patient, que nous appellerons Bernard, on note une réduction du ballant des bras, plus marquée du côté droit.

La longueur des pas est elle aussi diminuée, là encore davantage à droite. S’y ajoute une lenteur à l’initiation du mouvement.

Cette asymétrie, c’est-à-dire un côté plus touché que l’autre, est fréquente dans la maladie de Parkinson. Elle ne se retrouve pas chez tout le monde, et elle ne permet pas à elle seule de conclure quoi que ce soit sur une situation individuelle.

04Comprendre le cerveau

Pourquoi le mouvement peut-il ralentir ?

Le mouvement volontaire met en jeu un ensemble de structures profondes du cerveau, les ganglions de la base, qui participent à la sélection, à l’initiation et au calibrage des mouvements, c’est-à-dire au réglage de leur vitesse et de leur amplitude.

Dans la maladie de Parkinson, des neurones produisant la dopamine se raréfient progressivement. Cette dopamine est un messager chimique dont ces circuits ont besoin pour fonctionner normalement. Quand elle vient à manquer, les signaux qui préparent et soutiennent le mouvement deviennent moins efficaces.

Le résultat n’est pas une paralysie : le mouvement reste possible, mais il démarre moins facilement, se déploie moins largement, et s’essouffle plus vite lorsqu’il est répété.

Ce schéma est une simplification. La recherche montre que la bradykinésie ne s’explique pas par le seul manque de dopamine : d’autres mécanismes, notamment corticaux, y participent, et l’intensité du symptôme ne suit pas exactement celle de la perte dopaminergique.

05Ce que dit la science

L’activité physique peut-elle aider ?

Deux questions différentes, deux niveaux de preuve différents. Les confondre serait la façon la plus simple de dire quelque chose de faux.

Ce qu’il faut retenir

Bouger fait partie de la prise en charge. Les travaux disponibles montrent des effets bénéfiques de la plupart des formes d’exercice sur les symptômes moteurs et la qualité de vie des personnes atteintes de Parkinson.

Sur la bradykinésie elle-même, les données sont plus minces. Les entraînements travaillant la vitesse du mouvement donnent des résultats encourageants, mais sur peu d’études et de qualité limitée.

Aucune forme d’exercice ne peut aujourd’hui être présentée comme un traitement de la bradykinésie.

ADans la maladie de Parkinson en général

Ce que l’on sait de l’activité physique

Une revue systématique Cochrane publiée en 2024 a comparé de nombreuses formes d’exercice chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Elle observe des effets bénéfiques de la plupart des formes étudiées sur la sévérité des symptômes moteurs et sur la qualité de vie.

Deux nuances accompagnent ce constat, et elles comptent autant que lui : aucune forme d’exercice ne ressort clairement supérieure aux autres, et le degré de certitude reste limité pour une grande partie des comparaisons.

Bouger fait partie de la prise en charge. Cela ne remplace ni le traitement médical, ni le suivi par un professionnel de santé.

BSpécifiquement pour la bradykinésie

Ce que l’on sait des entraînements basés sur la vitesse

Une revue systématique publiée en 2026 s’est intéressée spécifiquement aux interventions travaillant la vitesse d’exécution du mouvement, et à leur effet sur la bradykinésie. Les interventions étudiées comprenaient le vélo à cadence élevée, l’entraînement aérobie par intervalles, l’entraînement en puissance et une pratique de yoga rapide.

Ses auteurs rapportent des effets sur la bradykinésie des membres supérieurs comme inférieurs. Mais ils signalent aussi que l’ensemble des études incluses présentait un risque de biais élevé, et concluent eux-mêmes que ces résultats doivent être interprétés avec prudence, des essais de meilleure qualité restant nécessaires.

Autrement dit : certaines formes d’entraînement semblent pouvoir améliorer certains paramètres associés à la bradykinésie, mais les résultats varient selon les interventions, et la qualité des études ne permet pas encore d’en faire une certitude.

  • 8études incluses
  • 149participants au total
  • 6essais randomisés
  • 100 %à risque de biais élevé

Un résultat prometteur n’est pas une preuve établie. Park&Move s’interdit de présenter l’un pour l’autre.

Voir les sources scientifiques

06Passer à la pratique

Comment le mouvement peut-il être travaillé ?

Voici les principes que l’on retrouve le plus souvent dans les travaux sur l’exercice et la maladie de Parkinson. Ce sont des axes de travail, pas des traitements.

  • AmplitudeChercher volontairement des mouvements plus grands.Exemplechercher des gestes volontairement plus grands que nécessaire, sur un mouvement déjà maîtrisé.
  • VitesseTravailler la capacité à produire certains mouvements plus rapidement.Exempletravailler le démarrage du geste, sur des mouvements simples et sûrs.
  • Force / puissanceProduire efficacement de la force au cours du mouvement.Exemplesolliciter les membres inférieurs sur des gestes du quotidien, comme se lever d’une chaise.
  • Coordination / automatismesTravailler des mouvements nécessitant plusieurs actions ou segments corporels. C’est souvent sur ces enchaînements complexes que la lenteur se remarque le plus.Exempleassocier deux actions, par exemple un déplacement et un mouvement des bras.
  • RépétitionRépéter les mouvements afin d’entraîner les capacités motrices.Exemplerevenir régulièrement sur les mêmes mouvements, plutôt que de les varier sans cesse.

France Parkinson indique que la kinésithérapie est utile pour faciliter la fluidité des mouvements et compenser la perte des automatismes, avec un effet d’autant plus marqué que les séances sont régulières et complétées par des exercices à domicile.

Il n’existe pas un exercice unique adapté à toutes les personnes atteintes de Parkinson. Ces principes ne traitent pas la bradykinésie : ils peuvent faire partie d’un travail construit pour une personne donnée, selon ses capacités, ses symptômes, son niveau et les conditions dans lesquelles elle peut pratiquer en sécurité. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin ou de votre kinésithérapeute.

07Park&Move

Comprendre, puis passer à l’action.

Comprendre la bradykinésie est une première étape. Bouger régulièrement en est une autre. Park&Move propose des programmes d’activité physique à domicile adaptés à différents niveaux.

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Références

Sources et références scientifiques

Les informations de cette page s’appuient sur les publications ci-dessous. Chaque référence renvoie à la publication d’origine.

  1. Postuma RB, Berg D, Stern M, et al.

    MDS clinical diagnostic criteria for Parkinson’s disease.

    Movement Disorders. 2015 ; 30(12) : 1591‑601. PMID 26474316.

    Consulter la publication

    Définition de la bradykinésie comme critère diagnostique, associant lenteur et réduction de l’amplitude.

  2. Bologna M, Paparella G, Fasano A, et al.

    Evolving concepts on bradykinesia.

    Brain. 2020 ; 143(3) : 727‑750. PMID 31834375.

    Consulter la publication

    Revue des concepts actuels : ce que recouvre le terme, et pourquoi le mécanisme ne se résume pas à la dopamine.

  3. Berardelli A, Rothwell JC, Thompson PD, Hallett M.

    Pathophysiology of bradykinesia in Parkinson’s disease.

    Brain. 2001 ; 124(11) : 2131‑46. PMID 11673316.

    Consulter la publication

    Référence historique sur les mécanismes du ralentissement du mouvement dans la maladie de Parkinson.

  4. Ernst M, Folkerts AK, Gollan R, et al.

    Physical exercise for people with Parkinson’s disease: a systematic review and network meta-analysis.

    Cochrane Database of Systematic Reviews. 2024 ; 4 : CD013856. PMID 38588457.

    Consulter la publication

    Comparaison de nombreuses formes d’exercice dans la maladie de Parkinson. Sert le volet général de la section 05.

  5. do Amaral Yamaguchi Benfica P, Scianni AA, de Paula Magalhães J, et al.

    Effects of speed-based interventions aimed at improving bradykinesia in individuals with Parkinson’s disease: a systematic review.

    Parkinsonism & Related Disorders. 2026 ; 150 : 108438. PMID 42448557.

    Consulter la publication

    Revue systématique consacrée spécifiquement à la bradykinésie. Sert le volet spécifique de la section 05, y compris ses limites méthodologiques.

  6. Mak MK, Wong-Yu IS, Shen X, Chung CL.

    Long-term effects of exercise and physical therapy in people with Parkinson disease.

    Nature Reviews Neurology. 2017 ; 13(11) : 689‑703. PMID 29027544.

    Consulter la publication

    Principes d’entraînement et de kinésithérapie dans la maladie de Parkinson. Sert la section 06.

Pour aller plus loin

Ces organisations publient une information grand public de référence sur la maladie de Parkinson. Elles ne sont pas des publications scientifiques, et figurent à ce titre séparément.