Ressources
Comprendre la maladie de Parkinson.
La maladie de Parkinson ne se vit pas de la même façon d’une personne à l’autre. Comprendre ce qui se passe dans son propre corps est souvent la première chose que l’on cherche, avant même de savoir quoi faire.
Vous trouverez ici des ressources écrites par un masseur-kinésithérapeute, en langage clair, et appuyées sur des publications scientifiques citées et accessibles. Chaque page dit ce que l’on sait, ce que l’on sait moins bien, et ce que l’on ne sait pas encore.
Ces pages ne remplacent pas un avis médical et ne permettent pas de poser un diagnostic. Elles sont faites pour vous aider à comprendre, à mettre des mots sur ce que vous observez, et à en parler avec les professionnels qui vous accompagnent.
01En bref
Une maladie neurologique, lente, et différente chez chacun
Trois caractéristiques suffisent à comprendre l’essentiel, et la troisième est celle qu’on oublie le plus souvent.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative : certains neurones du cerveau fonctionnent moins bien, puis disparaissent progressivement. Elle n’est ni contagieuse, ni liée à ce que vous avez fait ou n’avez pas fait.
Elle évolue lentement. On parle en années, parfois en décennies, et non en mois. C’est une différence majeure avec l’image que beaucoup de gens en ont au moment du diagnostic.
Surtout, elle ne se présente pas de la même façon d’une personne à l’autre. Les symptômes, leur ordre d’apparition, leur rythme et leur retentissement varient considérablement. Deux personnes avec le même diagnostic peuvent avoir deux quotidiens sans rapport.
En France, au 31 décembre 2020, 177 624 personnes étaient traitées pour une maladie de Parkinson, soit environ une personne sur 380, et près de 26 000 nouvelles personnes ont commencé un traitement dans l’année. C’est la deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer.
Elle touche surtout après 60 ans, et elle est environ 1,5 fois plus fréquente chez les hommes. Mais 15 % des personnes traitées ont moins de 65 ans, ce qui représente plusieurs dizaines de milliers de personnes encore en activité professionnelle.
02Comprendre
Ce qui se passe dans le cerveau
Une explication simple, et la limite de cette explication.
Au cœur du cerveau se trouve une petite région appelée substance noire. Ses neurones fabriquent une molécule, la dopamine, qui sert de messager pour déclencher et calibrer les mouvements.
Dans la maladie de Parkinson, ces neurones se dégradent. La dopamine vient à manquer, et les mouvements deviennent plus lents, plus petits, plus difficiles à démarrer. C’est le mécanisme que les traitements dopaminergiques viennent compenser.
On retrouve aussi, dans les neurones atteints, des dépôts anormaux d’une protéine appelée alpha-synucléine. Leur rôle exact dans la maladie reste un sujet de recherche.
Mais réduire Parkinson à un manque de dopamine serait inexact. D’autres réseaux du cerveau sont touchés, et d’autres messagers que la dopamine. C’est précisément ce qui explique les symptômes que les traitements dopaminergiques améliorent peu ou pas : la fatigue, le sommeil, l’humeur, la constipation, l’équilibre.
Quant à la cause, elle reste inconnue dans la grande majorité des cas. Dans la plupart des populations, 3 à 5 % des cas s’expliquent par une cause génétique identifiée. Pour les autres, on connaît des facteurs qui augmentent ou diminuent le risque, sans qu’aucun n’explique à lui seul la maladie.
03Reconnaître
Les symptômes dont on parle moins
Les symptômes non moteurs sont souvent les plus gênants au quotidien, et les moins souvent abordés en consultation.
- FatigueUne fatigue qui ne cède pas au repos, sans rapport avec l’effort fourni.
- Humeur et motivationAnxiété, baisse de moral, perte d’élan pour des activités qui plaisaient.
- SommeilNuits morcelées, mouvements pendant les rêves, somnolence dans la journée.
- DouleursDouleurs musculaires ou articulaires, souvent attribuées à autre chose.
- Transit et digestionLa constipation est fréquente, et peut précéder de plusieurs années les premiers signes moteurs.
- Attention et mémoireDifficulté à faire deux choses à la fois, à trouver ses mots, à se concentrer longtemps.
Aucune de ces manifestations n’est présente chez tout le monde, et aucune ne permet à elle seule d’évoquer une maladie de Parkinson : elles sont fréquentes dans bien d’autres situations. Elles méritent en revanche d’être dites à votre médecin, car plusieurs se traitent.
04Le diagnostic
Comment le diagnostic se pose
Il n’existe aucun test unique qui dise oui ou non.
Le diagnostic est clinique. Il repose sur l’examen par un neurologue, sur l’histoire des symptômes et sur leur évolution dans le temps. Les examens complémentaires sont réservés aux présentations atypiques.
Les critères internationaux actuels demandent la présence d’une bradykinésie, c’est-à-dire une lenteur associée à une réduction de l’amplitude des mouvements, accompagnée d’un tremblement de repos, d’une rigidité, ou des deux.
Le tremblement n’est donc pas obligatoire. C’est une source fréquente de malentendu : on peut avoir une maladie de Parkinson sans trembler, et trembler sans avoir de maladie de Parkinson.
Les signes moteurs sont par ailleurs précédés d’une phase sans symptôme moteur visible, parfois longue de plusieurs années, où peuvent exister une constipation, une perte d’odorat ou des mouvements pendant les rêves. Ces signes sont très peu spécifiques pris isolément, et ne permettent pas d’annoncer quoi que ce soit à une personne donnée.
Ce temps d’observation peut être difficile à vivre. Il traduit la prudence du médecin, pas son hésitation : d’autres affections ressemblent à la maladie de Parkinson au début, et ne se traitent pas de la même façon.
05L’évolution
Comment la maladie évolue
La question la plus posée, et celle sur laquelle il faut être le plus honnête.
La maladie progresse, lentement, et à un rythme qui diffère d’une personne à l’autre. Les descriptions en stades que vous croiserez décrivent une moyenne statistique, pas une trajectoire que vous suivrez.
Avec les années, les traitements peuvent devenir moins réguliers dans leur effet. Certaines personnes décrivent des périodes où le médicament agit bien et d’autres où il agit moins, ce qu’on appelle des fluctuations. Elles se travaillent avec le neurologue, par des ajustements de doses et d’horaires.
À ce jour, aucun traitement ne ralentit ni n’arrête la progression de la maladie. C’est vrai des médicaments, et c’est vrai de l’activité physique. Toute affirmation contraire devrait vous alerter, d’où qu’elle vienne.
Ce que les traitements et la rééducation visent, c’est autre chose : réduire la gêne, maintenir ce que vous savez faire, et préserver votre autonomie le plus longtemps possible. Ce n’est pas un lot de consolation, c’est l’essentiel de ce qui se joue au quotidien.
06Agir
Ce qui se met en place après le diagnostic
Le traitement médicamenteux n’est qu’une partie de la prise en charge.
Le traitement dopaminergique compense le manque de dopamine. La lévodopa en est le médicament de première intention le plus courant. Les doses et les horaires sont ajustés dans la durée, et c’est le neurologue qui les pilote.
Dans certaines situations précises, et seulement après plusieurs années d’évolution, une stimulation cérébrale profonde peut être discutée. Elle ne concerne qu’une minorité de personnes et répond à des critères stricts.
Autour de ce traitement, la prise en charge est pluridisciplinaire : kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, activité physique adaptée, selon les besoins.
Un point mérite d’être souligné, parce qu’il est encore mal appliqué : la recommandation européenne de kinésithérapie préconise une orientation dès le diagnostic, et non quand les difficultés s’installent. Un adressage tardif y est décrit comme une occasion manquée.
Concrètement, après l’annonce : posez vos questions au neurologue, demandez une orientation vers un kinésithérapeute, notez ce que vous observez entre les consultations, et maintenez les activités qui comptent pour vous. Le reste peut attendre.
Symptômes moteurs
Le mouvement, symptôme par symptôme
Les symptômes moteurs sont ceux qui touchent directement le mouvement : sa vitesse, son amplitude, son démarrage, son équilibre. Ils ne sont ni les seuls symptômes de la maladie, ni présents de la même manière chez tout le monde.
Ils sont souvent confondus entre eux, alors qu’ils correspondent à des phénomènes distincts et ne se travaillent pas de la même façon. Chaque ressource en aborde un seul, en le distinguant clairement des autres.
- BradykinésieLa lenteur et la réduction de l’amplitude des mouvements, et ce que l’on sait du rôle de l’exercice.Lire la ressource
- Freezing de la marcheCes moments où les pieds semblent collés au sol, et ce que les indices rythmiques apportent vraiment.Lire la ressource
- Équilibre et chutesPourquoi l’équilibre devient moins fiable, et ce que l’exercice change vraiment sur les chutes.Lire la ressource
De nouvelles ressources consacrées aux symptômes moteurs seront progressivement ajoutées.
Symptômes non moteurs
Ce qui ne se voit pas
Les symptômes non moteurs ne touchent pas le mouvement, et c’est précisément ce qui les rend difficiles à faire reconnaître. Ils sont pourtant parmi les plus gênants au quotidien, et parmi les moins souvent abordés en consultation.
Ils ne découlent pas des symptômes moteurs et ne se corrigent pas en les traitant. Plusieurs d’entre eux ont leurs propres prises en charge : c’est une raison de les nommer plutôt que de les subir.
Références
Sources et références scientifiques
Les informations de cette page s’appuient sur les publications ci-dessous. Chaque référence renvoie à la publication d’origine.
Bloem BR, Okun MS, Klein C.
Parkinson’s disease.
The Lancet. 2021 ; 397(10291) : 2284‑303. PMID 33848468.
Revue générale de référence. Sert le mécanisme, le diagnostic clinique, l’évolution et le fait qu’aucun traitement ne ralentit aujourd’hui la progression.
Postuma RB, Berg D, Stern M, et al.
MDS clinical diagnostic criteria for Parkinson’s disease.
Movement Disorders. 2015 ; 30(12) : 1591‑601. PMID 26474316.
Définition de la bradykinésie comme critère diagnostique, associant lenteur et réduction de l’amplitude.
Berg D, Postuma RB, Adler CH, et al.
MDS research criteria for prodromal Parkinson’s disease.
Movement Disorders. 2015 ; 30(12) : 1600‑11. PMID 26474317.
Critères de recherche de la phase précédant les premiers signes moteurs. Sert la section sur le diagnostic.
Ernst M, Folkerts AK, Gollan R, et al.
Physical exercise for people with Parkinson’s disease: a systematic review and network meta-analysis.
Cochrane Database of Systematic Reviews. 2024 ; 4 : CD013856. PMID 38588457.
Comparaison de nombreuses formes d’exercice dans la maladie de Parkinson. Sert le volet général de la section 05.
Domingos J, Keus SHJ, Dean J, et al.
The European Physiotherapy Guideline for Parkinson’s Disease: implications for neurologists.
Journal of Parkinson’s Disease. 2018 ; 8(4) : 499‑502. PMID 30149464.
Recommandation européenne d’orienter vers la kinésithérapie dès le diagnostic. Sert la dernière section.
Pour aller plus loin
Ces organisations publient une information grand public de référence sur la maladie de Parkinson. Elles ne sont pas des publications scientifiques, et figurent à ce titre séparément.
- Santé publique FranceLes chiffres français cités plus haut : 177 624 personnes traitées fin 2020, environ 26 000 nouvelles personnes dans l’année, 15 % de moins de 65 ans.
- France ParkinsonL’association française de référence : information, comités départementaux, groupes de parole et publications grand public.