Entre confrères
Parkinson et kinésithérapie : échanger entre praticiens.
La recommandation européenne demande d’orienter vers la kinésithérapie dès le diagnostic. En pratique, nous voyons arriver des personnes deux ou trois ans plus tard, souvent après une chute.
Cette page s’adresse aux confrères que ce décalage intéresse. Elle propose un espace d’échange, et la constitution d’un réseau pilote.
01Le constat
Un décalage que nous constatons tous
Il est documenté, et il a des conséquences mesurables sur ce que nous pouvons faire.
La European Physiotherapy Guideline for Parkinson’s Disease recommande l’orientation vers la kinésithérapie dès le diagnostic, et identifie l’adressage trop tardif comme le principal obstacle à une prise en charge efficace. Elle parle d’occasion manquée.
Un essai randomisé publié dans Neurology donne à ce constat une traduction très concrète. Sur 231 personnes suivant un programme d’exercice à domicile peu supervisé pendant six mois, le nombre de chutes n’a pas diminué de façon significative. Mais l’analyse par sévérité, prévue à l’avance, montre deux résultats opposés : une baisse nette des chutes chez les personnes les moins atteintes, et une tendance inverse chez les plus atteintes.
Autrement dit, ce que nous proposons ne produit pas le même effet selon le moment où nous intervenons. Et ce moment ne dépend pas de nous.
S’y ajoute une difficulté de terrain : peu d’entre nous ont été formés spécifiquement à cette pathologie, les recommandations sont dispersées entre plusieurs sources, et les occasions d’en discuter avec un confrère qui suit les mêmes patients sont rares.
02La proposition
Un espace consacré à la rééducation et à l’activité physique dans Parkinson
Ce que je souhaite y mettre, et ce que j’attends que d’autres y apportent.
- Des pratiques fondées sur les preuvesCe que les travaux établissent, ce qu’ils ne tranchent pas, et les doses réellement testées.
- Des situations cliniquesDes cas concrets, des protocoles, et les difficultés que l’on rencontre vraiment en séance.
- L’exercice et son dosageIntensité, progression, observance. Les trois paramètres sur lesquels la littérature est la plus utile et la pratique la plus démunie.
- Les sujets qui reviennentMarche, équilibre et chutes, freezing, fatigue. Les ressources publiées ici traitent déjà ces quatre sujets, sources à l’appui.
- Le suivi à distanceCe qu’il permet, ce qu’il ne remplace pas, et le cadre dans lequel il peut se pratiquer.
- Des outils pratiquesProgressivement, et seulement quand ils seront utilisables. Je préfère ne rien annoncer que promettre un calendrier.
Les ressources déjà publiées sont accessibles sans inscription, et elles le resteront. Elles citent leurs sources, disent ce qu’elles ne savent pas, et vous pouvez les contredire.
03Le réseau pilote
Ce que le réseau n’est pas, d’abord
Vous êtes confrère. Vous saurez lire entre les lignes, alors autant écrire sur les lignes.
Il est gratuit. L’inscription au réseau pilote ne coûte rien, et rien ne vous sera facturé pour en faire partie.
Aucune commission n’est perçue. Ni sur une consultation, ni sur un abonnement, ni sur quoi que ce soit. L’article R. 4321-72 du code de déontologie interdit au masseur-kinésithérapeute toute commission, à quelque personne que ce soit. Park&Move s’y conforme, et aucun montage n’est à l’étude pour le contourner.
Aucun patient n’est attribué. Il n’existe pas de système d’orientation automatique, et il n’en existera pas sous cette forme : orienter de façon quasi exclusive vers les mêmes praticiens, sans tenir compte du choix du patient, relève du compérage.
Aucune obligation ne découle de votre inscription. Vous pouvez participer aux échanges sans jamais utiliser d’outil, et vous retirer quand vous voulez.
Ce que le réseau est, alors : un groupe de kinésithérapeutes intéressés par la prise en charge de la maladie de Parkinson, par le suivi à distance lorsqu’il est pertinent, et par la construction d’un parcours de soins cohérent. Je recueille les candidatures et j’organise les échanges pendant que le cadre juridique et déontologique de la suite est sécurisé.
04Qui vous écrit
D’où je parle, et avec quels liens d’intérêt
Vous allez vérifier. Autant vous donner tout de suite ce que vous cherchez.
Je suis Guillaume Jaffiol, masseur-kinésithérapeute, inscrit à l’Ordre, diplômé de l’Université CEU Cardenal Herrera de Valence. J’ai fondé le pôle santé L’Académie du Kiné à La Grand-Combe, où exercent dix professionnels.
J’accompagne des personnes atteintes de la maladie de Parkinson quatre jours par semaine, depuis bientôt trois ans. D’abord à domicile, y compris à des stades très avancés, aujourd’hui au cabinet et à distance. Les séances associent travail aérobie, boxe, renforcement adapté et marche.
Avant la kinésithérapie, j’ai été préparateur physique depuis 2015, titulaire de trois BPJEPS : activités gymniques de la forme et de la force, mention force ; activités physiques pour tous ; et randonnée. C’est de là que vient mon intérêt pour le dosage de l’intensité : c’est un métier avant d’être un sujet de littérature.
Mon lien d’intérêt : je suis formateur Parkinson pour Andrew depuis août 2026, la plateforme avec laquelle j’assure le suivi à distance d’une partie de mes patients. Je le dis ici parce que vous devez le savoir en lisant le reste. Les travaux scientifiques cités sur ce site ne viennent pas d’eux, et vous pouvez les vérifier un par un : chaque référence renvoie à sa publication d’origine.
05Rejoindre
Rejoindre le réseau pilote
Gratuit, sans engagement, et sans contrepartie d’aucune sorte. Je réponds personnellement à chaque candidature.
Références
Sources et références scientifiques
Les travaux cités sur cette page, et dans les ressources vers lesquelles elle renvoie.
Domingos J, Keus SHJ, Dean J, et al.
The European Physiotherapy Guideline for Parkinson’s Disease: implications for neurologists.
Journal of Parkinson’s Disease. 2018 ; 8(4) : 499‑502. PMID 30149464.
Recommandation européenne d’orienter vers la kinésithérapie dès le diagnostic. Sert la dernière section.
Canning CG, Sherrington C, Lord SR, et al.
Exercise for falls prevention in Parkinson disease: a randomized controlled trial.
Neurology. 2015 ; 84(3) : 304‑12. PMID 25552576.
Essai randomisé de 231 personnes. Critère principal non atteint, résultat opposé selon la sévérité. Porte toute la section 04, y compris son avertissement.
Costa V, Zambetta ML, Gianlorenço AC, et al.
Physical exercise for managing fatigue in Parkinson’s disease: clinical and research recommendations from a systematic review and meta-analysis.
Journal of Geriatric Physical Therapy. 2026 ; 49(3) : 163‑71. PMID 41538284.
22 études. Effet de l’exercice sur la fatigue, certitude modérée, avec une dose chiffrée. Porte le second temps de la section 04 et toute la section 05.
Ernst M, Folkerts AK, Gollan R, et al.
Physical exercise for people with Parkinson’s disease: a systematic review and network meta-analysis.
Cochrane Database of Systematic Reviews. 2024 ; 4 : CD013856. PMID 38588457.
Comparaison de nombreuses formes d’exercice dans la maladie de Parkinson. Sert le volet général de la section 05.
Bloem BR, Okun MS, Klein C.
Parkinson’s disease.
The Lancet. 2021 ; 397(10291) : 2284‑303. PMID 33848468.
Revue générale de référence. Sert le mécanisme, le diagnostic clinique, l’évolution et le fait qu’aucun traitement ne ralentit aujourd’hui la progression.